Une autre randonnée (involontairement) hybride.
On aime l’Aragon, on adore Laspaulès.
Après l’imposante et écrasante Ordesa, direction Laspaulès : village minuscule avec camping « spanish only » ou presque (puisqu’on y est), les montagnes se font plus modestes, un peu moins minérales, les dimensions redeviennent presque humaines.
L’idée : « Ida y vuelta » jusqu’à Denuys, village (très très) perché.
Pour cette journée, l’idée est de faire un aller retour vers un village du « Alto Aragon » pour ressentir la vie dans les impasses au pied des massifs.
la route qui nous y mène, en plus d’être bien pentue, vient d’être regoudronnée, ce qui nous vaut un extra de gravillons.
L’église de San Caprasio, au dessus du village pour que le saint veille sur toutes les âmes de la vallée, n’est accessible que par un sentier. Nous n’y entrons pas malheureusement.


En tout cas nous aprenons que ce Caprasio était un berger de la sierra de Guara, que l’on prie contre le mal de tête. (Cécile tente l’expérience, pas de migraine, mais est-ce dû aux bienfaits dudit Caprasio ou l’absorption régulière de cañas ?)
En descendant de Denuy, la rencontre qui rafraîchi : dans le petit hameau de Ribera, au bas de la descente vers la rivière, nous rencontrons un dame et sa mère qui se dorent sous un soleil de plomb devant la maison au pied d’une minuscule chapelle.

Cécile est dans son élément, la relation est facile, amicale, touchante.
Oui, nous pouvons voir la chapelle, d’ailleurs la dame y a été baptisée et mariée. Elle nous indique le moulin sur la rivière comme un bon endroit pour « bañarse ».


Au retour nous aprenons que son beau-père (de la dame) avait mis en place un générateur électrique dans ledit moulin, mais que comme tout le reste, il a été abandonné… Aujourd’hui, on loue les terre à des colonies de scouts pour subsister.

Fatalité désabusée, à quoi bon se faire souffrir, profitons du soleil.

Jamais 2 sans 3, ni 3 sans 4 !
Rappelons nous les crevaisons dans le canyon de Añisclo (1re-l’une au début, 2e-l’autre au km 10), cette fois Nicolas choisit le détour d’un virage au début de la montée jusqu’au Col de l’Espina(3e)-qui porte bien son nom- puis (4e) au détour d’un autre virage, 4 km avant le col, pour la 4e crevaison ! Nous laissons nos vélos à l’ombre d’un chemin, passons le col à pied, et héroïques, nous franchissons la porte du bar du camping, 4km plus loin, avant de repartir récupérer nos (nettement moins) fougueux destriers.


Le pique-nique des obispos
Nos destriers dans le van, rosado con hielos et cañas ingérés, il est temps de pique-niquer de façon revancharde… Au col de l’Espina 😈.
Beau panorama et lieu historique : il s’y est déroulé, bien avant notre pique-nique, un repas bien plus officiel entre les 3 évèques (obispos) dont les terres se rencontraient en ce point : Barbastro, Lérida, la Seu de Urgell. Chacun restant sur sa terre pour manger avec les autres. En souvenir de cet événement, une pierre gravée de 3 croix est plantée sur le col depuis des siècles.


La phrase du jour

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